Patrick Mottard envoie une équipe de« Nice Autrement » à Amsterdam : pour une nouvelle politique énergétique à Nice
samedi 26 janvier 2008 par Rédaction
C’est avec des roses que les envoyées de Nice Autrement furent accueillies à l’aéroport de Nice Côte d’Azur à leur retour du pays de la tulipe. En entreprenant le déplacement aux Pays-Bas, Clotilde Gimond et Dominique Boy-Mottard, déléguées par Patrick Mottard, avaient pour mission de se renseigner sur un certain nombre d’expériences initiées par la ville d’Amsterdam, pour l’essentiel dans le domaine des économies d’énergie et de l’utilisation des énergies renouvelables. C’est là, en effet, le double objectif Nice Autrement de façon à avoir une plus grande autonomie.

Nice Autrement ayant envisagé des progrès significatifs en la matière pour notre ville, l’équipe voulait confronter ses idées à la réalité des réalisations d’Amsterdam.
Les économies d’énergie
La mairie d’Amsterdam a commencé à transformer ses installations pour consommer moins d’énergie, que ce soit en éclairage, en chauffage ou en climatisation.
Elle a renforcé l’isolation de ses bâtiments, et installé de nouveaux équipements, comme par exemple les ampoules basse consommation ou des chaudières et climatiseurs moins gourmands en énergie. Elle incite les particuliers à faire de même dans leurs logements et, plus particulièrement, les ménages modestes, qu’elle conseille et qu’elle aide pour l’achat d’ampoules ou encore de systèmes qui permettent d’économiser l’eau dans les douches ou les cuisines.
Les entreprises s’y mettent aussi. Ainsi, par exemple, nos déléguées ont visité un hôtel appartenant à une chaîne de vingt établissements (Stayokay) qui vient de recevoir un éco-label de l’Union européenne. C’est la première chaîne hôtelière à avoir obtenu un tel label en Europe.
La Direction de la chaîne a confirmé qu’il y avait de plus en plus de gens sensibles à ce type de préoccupations et nous pensons que le secteur de l’économie touristique à Nice pourrait tirer parti de tels développements.
Les énergies renouvelables
La mairie d’Amsterdam s’est également engagée à développer l’utilisation d’énergies renouvelables, parmi lesquelles l’énergie solaire. De nombreux bâtiments publics ont désormais des panneaux solaires sur le toit, tant pour la production d’eau chaude que pour la fourniture d’électricité.
C’est le cas particulièrement de la toute nouvelle grande bibliothèque, de certaines écoles, et c’est une pratique qui doit se répandre à l’ensemble des bâtiments municipaux. C’est une politique qui concerne les bâtiments neufs, mais aussi les bâtiments existants, y compris le parc public de logements, qui sont rénovés sur une grande échelle. Cela permet non seulement un développement plus durable mais aussi une amélioration du confort des habitants, ce qui peut être couplé à une politique du logement volontariste.
A Nice, tout le monde sait qu’il faut avoir une politique de logement ambitieuse, c’est donc l’occasion d’intégrer cette préoccupation environnementale à toute construction ou réhabilitation. Ce doit être une obligation pour tous les bâtiments publics, mais il faut également développer des mesures incitatives pour que les initiatives privées aillent dans le même sens. L’ensoleillement de Nice est quand même largement supérieur à celui d’Amsterdam...
D’autres espaces peuvent être aménagés pour la production d’énergie solaire. Ainsi, nous avions pensé à construire à Nice des murs anti-bruit le long de la Voie rapide et à y associer des panneaux solaires photovoltaïques. Nous avons pu constater que c’était une solution réaliste puisque utilisée sur une portion de périphérique autoroutier à Amsterdam. Cela pourrait d’ailleurs être aussi envisagé sur l’autoroute de contournement de Nice.
Les autres pistes
Clotilde et Dominique ont également voulu vérifier d’autres pistes auxquelles nous avions pensé, relevant pour partie de la même problèmatique. Pour ce qui est du cargo-tram, qui consiste à utiliser le tram pour livrer les commerces en centre ville, c’est une expérience d’initiative privée qui a été testée à Amsterdam pendant quelques mois. Ils utilisent les voies du tram, mais doivent évidemment le faire sans gêner le transport des passagers. Ils se sont rendu compte que certains aménagements étaient nécessaires (dérivations de voies pour que le cargo-tram puisse stationner et décharger sans bloquer la circulation). A Nice, on peut y penser même si cela semble pour l’heure un peu prématuré. En tout état de cause, cela montre qu’il faut tester les idées avant de les rejeter ou les accepter.
L’auto-partage, qui permet d’avoir accès à une voiture de façon ponctuelle, semble également prometteur. Le système ressemble à celui du vélib si ce n’est qu’on réserve la voiture par internet ou par téléphone et il se révèle particulièrement utile pour les personnes n’utilisant pas fréquemment une automobile (par exemple uniquement le week-end). Cela permet d’éviter les voitures ventouses sur la voie publique, spécialement en centre ville. On compte à Amsterdam quelques centaines de véhicules participant à cette initiative privée, encouragée par la mairie (mise à disposition d’emplacements de stationnement sur le domaine public).
Dans un autre domaine (mais qui peut avoir des répercussions en matière de politique énergétique), nous avons pu avoir la confirmation de l’intérêt que présente l’une de nos propositions, s’agissant des contacts que doit entretenir la ville avec l’Union Européenne. En effet Patrick Mottard a beaucoup insisté sur une présence à Bruxelles d’un représentant de l’agglomération, à la fois pour s’informer et défendre les intérêts de la ville. Nous avons vu à Amsterdam que l’on pouvait même aller plus loin en ayant auprès de la municipalité un fonctionnaire européen représentant la commission (nos déléguées ont rencontré ce fonctionnaire européen qui avait échangé provisoirement son affectation avec un fonctionnaire local et qui intervenait tout particulièrement dans le domaine de l’environnement). La mairie d’Amsterdam leur a confirmé que c’était d’une très grande utilité pour bien connaître et bien utiliser les possibilités d’aides et les programmes européens.
Enfin, pour la petite histoire, nous avions entendu parler d’une expérience qui a consisté à nommer un maire de nuit à Amsterdam, spécialement chargé de gérer la ville la nuit. Il semblerait que cette expérience s’avère peu concluante pour l’instant. Mais cela n’empêche pas d’y réfléchir...
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