Nice Autrement, la liste de Patrick Mottard pour les municipales 2008 à Nice

Un meeting au goût d’espoir !

dimanche 2 décembre 2007 par Webmestre

Hier, le salon d’honneur de l’hôtel Westminster était presque trop petit pour accueillir les personnes venues assister au premier meeting de Patrick Mottard et de son équipe de Nice Autrement.

Malgré le fait que Nice Matin ait « oublié » de publier l’annonce du meeting dans ses colonnes, le public était bien présent au rendez-vous pour assister à cette première grande réunion publique placée sous le signe de la convivialité et de la bonne humeur. C’est Dominique Boy Mottard qui ouvrira le bal des interventions suivie de Franck Viano puis de Pierre Laigle et de Céline Lacroix qui donneront leur vision de cette nouvelle pratique de la politique à Nice : Une politique autrement !

Ce sera ensuite le tour du candidat Patrick Mottard qui exposera ses intentions et ses convictions de faire de la politique autrement à Nice en mettant un terme au clientélisme ambiant régnant sur une grande partie de la Côte d’Azur. « Les Mo-Mo sont dans la plaine ! » une conclusion sous forme d’affirmation, l’affirmation d’être bien présent sur tous les fronts pour proposer une autre politique basée sur la confiance, l’honnêteté et le respect des valeurs démocratiques.

Merci à vous toutes et à vous tous d’avoir répondu à notre invitation et, ainsi, de participer activement à la réussite de Nice Autrement.

LES INTERVENTIONS DU MEETING

Dominique Boy Mottard

En tant que première intervenante, il me revient le rôle de vous expliquer notre démarche, celle de Patrick Mottard et de notre équipe, Nice Autrement. De vous expliquer pourquoi nous avons choisi d’inscrire cette démarche un peu à l’écart des appareils, en tout cas, de l’appareil du Parti Socialiste.

Que les choses soient bien claires : nous ne sommes pas contre les partis politiques dont nous pensons qu’ils sont indispensables au bon fonctionnement d’une démocratie. Mais nous avons considéré, comme la plupart des citoyens de notre pays et de notre ville, que ces partis – et singulièrement le PS, dont plusieurs d’entre nous sont membres – étaient en panne, n’étaient plus à même de jouer pleinement leur rôle.

De plus, s’agissant d’une élection municipale, nous considérions que le plus important était de pouvoir réunir, sur une même liste, des personnes compétentes partageant les mêmes objectifs pour Nice et désirant œuvrer ensemble dans l’intérêt de la collectivité. Parce que oui, nous avons la conviction que, même si nous appartenons à des organisations différentes, même si certains ne font partie d’aucune organisation, nous pouvons vouloir la même chose pour notre communauté. Ce rassemblement, nous savions qu’il était impossible si Patrick ne choisissait pas une autre voie que celle d’une candidature officielle. Les règles sont telles qu’une liste, au sein du PS, se doit de placer tous les représentants de courants ou sous-courants à proportion de ce qu’ils pèsent dans le parti, sans considération aucune pour la représentativité extérieure des candidats, sans considération aucune pour leur compétence. Et il en va de même pour les partenaires de la liste : c’est avec tel parti qu’il faut négocier et pas avec tel autre. Et qu’est-ce qu’on négocie ? Un programme ? Une ambition pour la ville ? Non : des numéros de places sur la liste. De ça, Patrick ne voulait pas. De ça, nous ne voulions pas. Nous voulions être libres, être libres de faire autrement.

On le sait, beaucoup qui sont candidats à cette élection municipale affirment avoir cette même volonté. Mais nous avons la faiblesse de penser que nous sommes plus crédibles que les autres.Parce que ces autres candidats, on les connaît et chacun d’eux, à sa façon, a eu l’occasion de nous montrer de quelle manière, à l’endroit où il était, il faisait de la politique.

On connaît le maire sortant, auquel on a si souvent reproché son éloignement des préoccupations de la population. Pourrait-il faire autrement ? Serait-il crédible ? Non, d’ailleurs, soyons honnêtes, lui au moins ne prétend pas vouloir changer quoi que ce soit à son attitude, persuadé qu’il est d’avoir l’aval de tous les habitants. Cette conviction est d’ailleurs assez surprenante…

On connaît aussi le Ministre-Président du Conseil Général. En tout cas, on devrait le connaître. Il voudrait nous faire croire que c’est un homme neuf, qu’il n’a pas existé avant d’être devenu, ces dernières années, l’homme fort de l’UMP dans les Alpes-Maritimes. Pour rafraîchir la mémoire des plus jeunes d’entre nous, il faut rappeler qu’il a fait partie de ceux qu’on appelait les bébés Médecin. Ces quelques jeunes gens carriéristes qui, à partir du moment où ils avaient reçu l’imprimatur du patron, se retrouvaient forcément élus. Pour ça, il fallait faire allégeance. C’était également le cas de Monsieur Rudy Salles d’ailleurs. Tous deux faisaient partie de cette féodalité qui nous a conduit où l’on sait et qu’ils rêvent de ressusciter en prétendant qu’il s’agirait d’une rupture. Non mais, de qui se moque-t-on ? (…) Non, nous n’avons pas besoin d’un nouveau seigneur, pire que l’ancien, dans notre ville. Le mal serait moindre si l’on pouvait s’attendre de sa part à une politique soucieuse de l’intérêt de la population. Mais croyez-moi, on en est loin. Je pourrais vous citer de nombreux exemples. (…) Notre département a de l’argent, grâce notamment à la spéculation immobilière qui a fait monter en flèche les droits de mutation et donc les recettes fiscales. Si au moins ces rentrées fiscales servaient à améliorer la situation de tous les habitants des Alpes-Maritimes, on pourrait dire « Vive la spéculation ! » Mais on en est loin. Nous, nous avions proposé la chose suivante : puisque la spéculation est en grande partie à l’origine des difficultés du logement dans notre département, consacrons tout ce qu’elle rapporte en plus chaque année à une politique susceptible d’améliorer la crise que nous connaissons, édifions des logements sociaux, faisons en sorte que les actifs puissent s’installer sur la Côte d’Azur. Parce que plus personne n’a les moyens de venir s’installer ici : comment peut faire un jeune qui entre dans la vie active ? Ce que l’on peut reprocher au Président du CG, ce n’est pas de ne rien faire, ce sont ses choix : tout est là. Quand on inonde d’argent les stations de sports d’hiver, leurs routes, leurs canons à neige, leurs remontées, c’est autant d’argent qui ne va pas pour les quartiers urbains en difficulté. Quand on donne 10.000 euros à un jeune qui accède à la propriété d’un logement coûtant parfois plus de 400 ou 500.000 euros, c’est autant d’argent qui ne va pas dans l’aide aux jeunes locataires auxquels on accorde royalement 300 euros en tout et pour tout. (…) Les finances publiques ne sont pas extensibles à l’infini et il y a des choix à faire. Et ces choix, ils sont toujours faits dans le même sens.

Alors de cela, nous ne voulons pas pour Nice. Nous savons que d’autres choix sont possibles. Nous savons qu’un autre mode de fonctionnement est possible. Nous ne voulons pas d’une équipe municipale à l’image de l’équipe départementale, d’une équipe qui n’ose rien dire, d’une équipe avec le petit doigt sur la couture du pantalon. Nous voulons être des citoyens engagés et des citoyens libres de leurs choix, des citoyens qui n’ont pas besoin de faire de la politique pour vivre mais qui ont envie de vivre en faisant aussi de la politique.

Je vous le disais au début de mon intervention, nous, nous rêvions d’un rassemblement d’hommes et de femmes venus d’horizons divers, d’un rassemblement d’hommes et de femmes riches de leurs différences. Ce rassemblement n’est déjà plus un rêve, il est en train de se mettre en place et il sera multicolore. Parce que, vous l’avez compris, à Nice Autrement, nous aimons aussi beaucoup les couleurs.

Franck Viano

Je me souviens parfaitement de cette soirée d’été où entre quelques morceaux de socca et un délicieux rosé, Patrick Mottard m’a dévoilé son projet qui s’est aujourd’hui concrétisé en Nice Autrement.

Certes, étant responsable d’un média niçois, ma décision impliquait une mise à l’écart temporaire de la rubrique politique du journal internet Nice Premium afin de ne pas mélanger, ou être soupçonné de mélanger mes fonctions en favorisant Patrick. Bref, le choix sera vite fait et l’idée de soutenir ce qui deviendra Nice Autrement me fera faire ce pas pour passer de la société civile à la vie politique.

Bien entendu, Patrick Mottard était loin d’être un inconnu pour moi. En 2001, j’avais déjà participé à sa campagne et même si le résultat n’avait pas été favorable, ce scrutin a changé radicalement la face politique niçoise et les prochaines municipales sont là pour le prouver. Un tableau final proposant deux belles demi-finales à gauche comme à droite. Des demi-finales à la sauce premier tour qui serviront de rampe de lancement à un second tour au parfum de finale pouvant accueillir de 2 à 4 participants cette année. (sauf si on doit croire les sondages qui donnent déjà St Christian grand vainqueur). Souvenons-vous quand même d’Edouard Balladur !

Bref, nous savons bien qu’une élection municipale ne se résume pas à des chiffres, ni même à des sondages et c’est pour cela qu’en ma qualité de membre de la société civile j’ai choisi d’apporter mon soutien et mon appui à Patrick Mottard qui, à mon sens, et le seul candidat capable de redonner à Nice l’espoir de redevenir le joyau de la Côte d’Azur. Avant de devenir une Capitale Européenne de la Culture, il est important de redevenir déjà la capitale du bien vivre et du bien-être.

Pour cela, c’est certes ensemble qu’il faudra travailler mais ensemble et autrement car, aujourd’hui, nous touchons du doigt certaines limites de l’univers politique et les membres de la société civile, comme moi, désirent franchement une autre politique, une politique autrement.

Natif de la vieille ville, je suis très attaché aux valeurs et à la culture niçoise, j’entends ainsi placer au cœur du débat cette identité niçoise, aujourd’hui malheureusement récupérée par un groupuscule en manque justement d’une véritable identité. A Nice Autrement, nous sommes plutôt Socca « et » Kebab en nous élevant contre cette soupe au porc bien indigeste servie l’hiver dernier au Port de Nice, continuant ainsi à respecter les nombreuses origines qui ont construit, qui construisent et qui construiront le Nice de demain.

Je souhaiterais terminer mon allocution en rendant hommage à celui sans lequel je ne serais pas là ce soir et qui m’a redonné goût à la politique alors que j’avais décidé de m’en isoler définitivement. Je veux parler de Jean-François Knecht que j’aurais tant aimé voir à cette tribune ce soir et qui, où qu’il soit, nous accompagne chaque jour. On se portera bien Jean-François comme tu nous le souhaitais si souvent !

C’est pour toutes ses raisons que j’ai choisi de rejoindre Patrick Mottard et l’ensemble de l’équipe de Nice Autrement qui, avec vous et grâce à vous, peuvent faire changer les choses à Nice en faisant de la politique, oui mais de la politique autrement.

Pierre Laigle

Je vais tout d’abord commencer par une citation « Il s’est mis hors jeu » ! Quand j’ai lu cette phrase émanant d’un de nos concurrents dans le Nice-Matin de samedi, je me suis dit qu’effectivement nous nous étions exclus nous-mêmes d’un jeu malsain auquel nous ne voulions plus participer, pour ne pas renier les engagements éthiques et moraux qui fondent notre candidature.

Par notre action nous voulons montrer qu’il y a une autre voie et que l’on peut fonctionner autrement tout en faisant de la politique. La représentation politique n’est pas la chasse-gardée de ceux qui cumulent les mandats, bénéficient d’emplois fictifs, en font une profession et en font une affaire juteuse. Ces professionnels de la politique que savent-ils de la réalité de ceux qui travaillent, qui doivent respecter des horaires, de ceux qui conduisent eux-mêmes leur voiture ou prennent les transports en commun, pas seulement devant les caméras ? Faire de la politique une profession, c’est aussi se mettre dans la position de celui qui doit être élu à tout prix, parfois même au prix de la corruption, au risque de perdre ses moyens de subsistance et d’existence sociale. C’est comme cela qu’on en arrive à renier les valeurs que nous sommes censés incarner en tant que politiques, c’est pour cela que Nice Autrement ne propose sur sa liste que des gens alliant un engagement dans la vie publique et des convictions éthiques et politiques.

L’ambition éthique de Nice Autrement se décline sur plusieurs axes : transparence, équité, écoute, réactivité…

Transparence en introduisant la présence de l’opposition dans toutes les instances de décisions en abolissant la politique des passe-droits pour instaurer celle du droit tout court, par exemple quand une personne postule pour un logement social, nous ne répondons jamais « on va voir, on va vous placer ». On lui dit qu’elle sera inscrite sur une liste d’attente rendue publique et qu’elle doit être certaine que son tour viendra. Je crois que c’est ce que les gens attendent, c’est de ne pas être toujours face à cette incertitude ou des listes qui n’arrivent jamais.

Lutte contre la corruption par la libération de la parole, la responsabilisation des personnels et une reconnaissance du travail de chacun pour la bonne marche de la machine municipale. L’équité, elle, ne doit pas seulement consister à traiter les gens de la même façon, quelle que soit la situation, mais aussi à rétablir l’équilibre là où il est rompu. Ce qui peut justifier parfois un traitement inégal mais indispensable.

Enfin l’écoute a toujours était au centre de nos préoccupations, elle concerne non seulement les administrés mais aussi les personnels, et doit toujours aboutir à une réaction.

Je vous remercie.

Céline Lacroix

Je n’ai pas une lourde expérience politique à offrir, et dénonce plutôt ce qui peut en être perçu comme ses pratiques perverties ; c’est ainsi que je me suis engagée auprès de l’équipe de Nice Autrement et dans ce projet de ville.

Engagée en qualité de citoyenne, pour une action et une pratique politiques autres. Engagée auprès d’un homme et d’une équipe, qui assument un positionnement hors parti, et entendent œuvrer en toute transparence, forts d’une expérience municipale renouvelée et à renouveler, un homme et une équipe qui sauront faire valoir des prises de positions concrètes et réfléchies et les mener à leur réalisation.

S’engager auprès de Nice Autrement, c’est s’engager sur une volonté d’ouverture qui sait rassembler, dans une équipe aux compétences diverses et complémentaires, qui partage la même ambition de travailler à la réalisation des objectifs qui vous sont présentés. Il n’est question ni d’utopie, ni d’idéologie ; mais il me semble indispensable d’affirmer que la politique est de l’intérêt et de la responsabilité de tous, et de l’engagement de chacun.

S’engager auprès de Nice Autrement, c’est s’engager sur des valeurs partagées, sociales, humanistes et de progrès.

Je m’engage afin de participer à la dénonciation, et à la lutte, le mot n’est pas trop fort, contre la dépolitisation visible et nuisible de notre société, contre la perte de l’intérêt pour la chose publique, contre l’érosion de l’engagement, pour une éducation à la citoyenneté. Pour que la violence ne soit plus une réponse politique. Non ! Toutes choses ne se valent pas, et l’on ne peut se réfugier derrière un tout est déjà joué ! Oui ! Nice Autrement nous engage à la construction d’un espace politique démocratique dans notre ville, un espace où la parole de chacun est écoutée et prise en compte. Un espace où chaque citoyen a un rôle à jouer et entend jouer son rôle.

Nice Autrement nous engage aussi sur un projet de ville innovant, dont la Charte représente un préambule éthique fondateur, un projet ambitieux que cette campagne saura vous faire apprécier, un projet dynamique qui appelle votre participation et votre adhésion. Nice Autrement accueille différentes perspectives citoyennes, dont vous aurez aperçu quelques échantillons ce soir, perspectives orientées vers la même fin : faire de la politique autrement, agir pour la société, agir pour la démocratie, agir pour notre ville.

Patrick Mottard

Chers amis,

Je voudrais commencer ce petit discours par deux remerciements.

Tout d’abord, je remercie le journal Nice-Matin, parce que je me rends compte que s’il avait annoncé notre réunion, eh bien nous aurions été obligés d’évacuer la salle parce que nous aurions été trop nombreux.

Le deuxième remerciement, bien sur, va à Dario qui une fois de plus a organisé une manifestation avec son style, avec son charme et avec sa rigueur, donc je vous demande lui aussi de l’applaudir. Et avant d’entrer dans le vif du sujet, j’ai effectivement été très touché quand notre ami Franck a évoqué la mémoire de Jean-François Knecht, et c’est vrai qu’il n’a jamais cessé d’être avec nous, il le sera pendant toute cette campagne. Mais, je souhaiterais aller un peu plus loin car je n’oublie pas que dans le groupe de Nice Plurielle, à mes cotés, il y avait Jean-François, il y avait aussi une fille formidable, que beaucoup d’entre vous connaissaient qui s’appelait Michèle Mangion. Elle nous manque aussi beaucoup, elle est avec nous, elle sera avec nous pendant toute la campagne et je vous demande aussi de lui rendre hommage.

Faire de la politique autrement. Faire de la politique autrement, pour nous, on l’a bien compris ce n’est pas un slogan, c’est même un impératif catégorique et pour la démocratie dans notre ville, une nécessité vitale. C’est que dans cette ville de Nice qui a survolé trois quarts de siècle de son histoire en passant du médecinisme au peyratisme, faire de la politique autrement, c’est peut-être avant tout faire de la politique normalement. En démocrate, en républicain, si possible en honnête homme… Faire de la politique autrement, à Nice, c’est en finir avec toute forme d’intimidation, c’est en finir avec tout système de clientélisme, c’est en finir avec toute tentative de débauchage. En clair le Nice de 2008 ne doit plus être la Rome du Bas-Empire, la Sicile de la mafia, ou la Champions league du mercato. Nice mérite mieux, beaucoup mieux.

L’intimidation. L’intimidation est une forme de gouvernement insupportable, celle qui consiste à vous faire comprendre que si vous dépassez la ligne jaune des conformismes alimentaires, vous avez tout à craindre pour votre emploi, pour votre carrière, pour les subventions de votre association, de votre club, de votre chapelle. Que de fois ai-je entendu dire « ta position est juste, nous partageons tes valeurs, ton combat est respectable, je suis avec toi, mais comprends moi, je ne peux pas le dire, je ne peux pas apparaître car j’ai besoin du Conseil Général, de la Mairie, du Conseil Régional… ». Néanmoins, l’intimidation a la franchise de sa brutalité : « si tu ne me suis pas, je te brise et tu es prévenu à l’avance ». Le clientélisme, lui, est encore pire. C’est un système qui fait de la victime son propre bourreau pour quelques avantages, ???? honneurs, on vous demande de faire allégeance et pas n’importe quelle allégeance, une ADI, un allégeance à durée illimitée. Mais comme vous voulez continuer à vous regarder en face chaque matin devant votre miroir, vous vous persuadez que cette attitude est rationnellement, philosophiquement, politiquement justifiée. Après avoir courbé les têtes, le clientélisme, et c’est ça le pire, corrompt les âmes. Mais ne soyons pas hémiplégiques, ce clientélisme qui existe depuis des décennies à droite, prospère également à gauche quand celle-ci s’empare d’un lieu de pouvoir, nous le savons tous, hélas… Le clientélisme, mais aussi le débauchage. Le débauchage systématisé, théorisé même depuis quelque temps : c’est le dernier né dans l’attirail du parfait corrupteur électoraliste. Il s’agit d’attirer quelqu’un du camp d’en face, non pas grâce à la force des convictions mais avec les deniers de Judas, ceux-ci pouvant prendre la consistance d’un plat de lentilles, d’une médaille en chocolat ou, par les temps qui courent, c’est la mode, une place sur une liste. Cette pratique est destructrice car elle instille l’idée que dans la vie et singulièrement dans la vie politique, tout s’achète.

Avec l’équipe que j’ai l’honneur de conduire nous voulons rompre avec ce système. Faire de la politique autrement, ce n’est pas seulement cela, mais c’est avant tout cela. Nous sommes un rassemblement de femmes et d’hommes libres qui veulent rompre avec ce passé qui est toujours un présent et qu’on s’apprête à nous vendre, à gauche et à droite, comme un avenir. Nous sommes des hommes et des femmes qui acceptent d’aller comme dirait René Char vers leur risque. Leur risque, mais après tout assumer sa dignité, est-ce vraiment prendre un risque ? Pour ma part je m’honore d’être celui que l’on a surnommé dans les cercles que l’on dit toujours bien informés, « Patrick Mottard c’est celui qui ne promet jamais rien ! » Eh oui, je ne suis pas un marchand d’aspirateurs, mais un citoyen qui a décidé de s’engager et de participer à la vie de la cité, rien de plus, mais rien de moins. Cette attitude est précieuse car cette attitude, elle me permet de dire, elle nous permet de dire, par exemple, tranquillement aux fonctionnaires municipaux : « Avec Nice Autrement, il n’y aura ni chasse aux sorcières, ni mise au placard, ni promotion politique, ni nomination par copinage, ni nomination familiale ! Partout il y aura la transparence, de la transparence, toujours de la transparence ! Une vraie politique moderne de ressources humaines avec en ligne de mire l’intérêt des usagers, des contribuables, des Niçois ! »

Cette attitude est précieuse car elle nous permet de dire, tout aussi tranquillement, aux responsables d’associations, et je sais qu’il y en a de nombreux parmi vous : « Avec nous il n’y aura plus de subventions carotte, il n’y aura plus de subventions bâton, il y aura juste des subventions attribuées dans la transparence pour permettre au club sportif, à l’association populaire, au réseau de politique de la ville, à l’organisme culturel d’accomplir sa mission en toute efficacité avec de surcroit la reconnaissance et la gratitude de la collectivité. »

Cette nouvelle attitude nous l’avons aussi gravée dans le marbre de la Charte en affirmant que nous sommes contre le cumul de mandats, la professionnalisation exclusive de la vie politique, l’opacité du patrimoine et des revenus des élus, le refus d’un vrai dialogue avec la population. Cet engagement est également affirmé dans le point numéro 2 de la charte quand nous affirmons que les 69 membres de la future liste de Nice Autrement s’engagent, élus ou non, à travailler pendant six ans sur les bases des objectifs définis pour le bien de la cité. Ce dernier engagement est particulièrement crédible dans la mesure où j’ai personnellement veillé à ce qu’il en soit ainsi jusqu’au bout du dernier mandat avec la liste Nice Plurielle dont les membres, élus ou non, ont continué à préparer ensemble les conseils municipaux jusqu’au bout.

Mais si les Niçois attendent de nous que nous fassions de la politique autrement, ils veulent aussi, et c‘est normal, une autre politique pour Nice. Cette autre politique nous y travaillons depuis des semaines, des mois, des années. Elle fera l’objet d’un projet que nous proposerons au débat public à peu près au début de l’année, au mois de janvier, car l’heure est encore au travail, aux rencontres, aux confrontations d’idées, car Nice Autrement veut que son projet soit le fruit d’un libre dialogue avec les compétences, les talents, la société civile, les corps constitués mais aussi les Niçois, tous les Niçois. D’où la multiplication de réunions d’experts, mais aussi de réunions d’appartement ou de quartier. Cela dit ce projet n’est pas une création ex nihilo, nous n’avons pas cédé au vertige de la page blanche, nous avons une histoire, un vécu, un acquis. Plus encore, nous avons des valeurs, des envies et pourquoi ne pas le dire, des rêves ! Notre projet, comme le rappelle la Charte, est un projet progressiste, aussi, c’est la raison pour laquelle il s’organise autour de trois grands principes : la promotion des solidarités, l’aménagement durable et la proximité, avec une méthode, la démocratie participative.

La promotion des solidarités parce que Nice est une ville inégalitaire. Solidarité sociale, solidarité géographique, solidarité intergénérationnelle. Il ne nous a pas échappé, n’est-ce pas Sami, que la politique de la ville avait besoin d’être revue, rénovée, définitivement dégagée des tentations communautaristes. Il ne nous a pas échappé non plus, qu’à Nice les retraités étaient loin d’être tous de riches oisifs.

L’aménagement durable aussi. Le terme est à la mode, mais, au moment des choix, il faudra mettre des moyens, des moyens considérables si nous voulons développer avec une égale énergie, équité sociale, excellence environnementale et surtout ce développement économique que l’on suppose toujours être le point faible de la gauche. Nous montrerons que c’est à tort.

Et enfin proximité. Les équipes tournent, les questionnaires sont distribués, les rencontres de quartier se font. Comme en 2001, notre volonté de mailler la ville en équipements de proximité pour améliorer la qualité de la vie s’affirmera dans un programme autonome que nous délivrerons aux alentours de la fin janvier, début février. Malheureusement, et ça je dois le dire, la dégradation de la situation financière de la ville fait que ce programme, je l’avoue, sera un peu moins ambitieux que celui que nous avions prévu en 2001, mais je crois que là aussi, dire la vérité ça fait partie de la politique autrement.

Même si notre programme n’est pas encore public, le débat est lancé, c’est bien normal, et déjà on a les premiers affrontements, les premières contrevérités. La réunion de ce soir, et vous vous doutez bien qu’avec une pareille assistance je ne vais pas me priver, sera pour moi une occasion de mettre un peu les choses au point sur deux sujets qui ont été évoqués ces derniers jours. Tout d’abord, un responsable politique s’est permis d’affirmer que le logement serait pour moi, pour nous, pour Nice Autrement un sujet secondaire. Alors, c’est une grossière contre-vérité et je n’ai même pas peur de dire que c’est un mensonge. Depuis 2001 je ne cesse de répéter que le logement est plus qu’un problème à Nice, c’est une véritable métaphore ! C’est la métaphore d’une ville qui échappe à ses jeunes, à ses actifs, à ses habitants, d’une ville condamnée à la stagnation par la spéculation dont parlait tout à l’heure Dominique. Aussi Nice Autrement a fait du logement une de ses priorités, si ce n’est sa priorité. Un programme ambitieux, original, précis et financé sera d’ailleurs présenté dans les semaines qui viennent, avant le programme général justement pour souligner l’urgence de la question. Donc acte !

La deuxième contrevérité a pour origine un média que je tairai, qui affirmait, sans rire, que Patrick Mottard renonçait à la ligne Est-Ouest du tramway qu’il avait toujours défendue. Alors, que les partisans des transports en commun se rassurent, nous ne renonçons à rien ! Nous ne faisons simplement que constater et avec nous, nous avons quand même des gens sérieux, les magistrats de la Chambre régionale des comptes, que si l’état actuel des finances de la ville est ce qu’il est, nous sommes obligés de prévoir, même on ne perd pas en fin de compte l’objectif, un étalement dans le temps de l’opération. C’est pour cela que nous préconisons, dans les prochaines années, l’extension de la ligne 1 jusqu’à l’Ariane, comme c’était prévu, la consolidation du site propre sur Nice Ouest et la complémentarité tram/chemin de fer en direction de Carros. En attendant, bien sûr, la ligne numéro 2. Donc là, pour une deuxième fois, acte !

Mais ce nouvel élan que nous voulons pour notre cité, ce ne sont pas seulement des logements et un tramway. C’est aussi une ambition, un vouloir vivre collectif, une projection vers l’avenir ! C’est pour cela que nous croyons à Nice ville de culture, à Nice ville universitaire, à Nice capitale européenne. Nos dossiers regorgent de projets en la matière, des initiatives seront prises dans les semaines qui viennent, certaines surprendront, certaines restent à finaliser mais, ce qui est sûr, c’est que les lignes vont bouger ! Sur le thème du rassemblement que Dominique tout à l’heure a esquissé mais aussi sur les lignes ! D’ailleurs déjà nombreux, et il y en a dans cette salle, sont les femmes et les hommes de la société civile qui nous rejoignent ou sont sur le point de la faire. Mais au delà de la société civile, de nombreux courants politiques s’intéressent à notre démarche et si, dans un premier temps, notre drapeau était rose et bien gageons que, dans quelques temps, il sera assez proche de l’arc-en-ciel. Je n’en dis pas plus, mais les prochaines semaines, vous le verrez, seront passionnantes à cet égard.

Chers amis, je ne veux pas abuser de mon temps de parole, pour ce qui n’est après tout qu’une première réunion, et quel succès pour une première ! Je vous dirai simplement que la tâche qui nous attend, ne nous le cachons pas est difficile ! Mais nous ne nous laisserons pas influencer par les sondeurs sponsorisés, les apparatchiks à la triste figure, et les oiseaux de mauvais augure. La tâche était également difficile quand, en 1998 et en 2004, nous avons gagné le canton de Jean et Jacques Medecin, le 5ème, celui dont je suis le conseiller général. La tâche était également difficile quand Dominique en 2005, a triomphé dans le 7ème canton sur les terres du médecinisme historique. Le combat aussi était difficile en 2001 quand nous sommes arrivés aux portes de la victoire municipale. Alors au diable la langue de bois et les états d’âme, quand les momos sont dans la plaine, aucune citadelle est imprenable ! Mes amis, mes chers amis, il nous reste trois mois pour en faire la démonstration, tous ensemble !



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